Patronio, el sabio consejero que contaba a su señor el conde lucanor, los ejemplos para adoctrinarle en los peligros del mundo.
El buen hombre y su hijo (con el burro)
El escolar y el nigromante
Los tres hijos del rey moro
El paño maravilloso
El mozo que se casó con mujer brava
La prueba de la amistad
domingo, 9 de noviembre de 2008
Poésies. Un saison en enfer. Illuminations. Arthur Rimbaud
► Première Soirée
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
- Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier.
- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : " Veux-tu finir ! "
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : " Oh ! c'est encor mieux !...
Monsieur, j'ai deux mots à te dire... "
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien...
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
► Soleil et chair
Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser
► Ma bohème (fantaisie)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
► Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
► L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles
L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
► Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.J'étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.Dans les clapotements furieux des marées,Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,Je courus ! Et les Péninsules démarréesN'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.La tempête a béni mes éveils maritimes.Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flotsQu'on appelle rouleurs éternels de victimes,Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,L'eau verte pénétra ma coque de sapinEt des taches de vins bleus et des vomissuresMe lava, dispersant gouvernail et grappin.Et dès lors, je me suis baigné dans le PoèmeDe la Mer, infusé d'astres, et lactescent,Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blêmeEt ravie, un noyé pensif parfois descend ;Où, teignant tout à coup les bleuités, déliresEt rhythmes lents sous les rutilements du jour,Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,Fermentent les rousseurs amères de l'amour !Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombesEt les ressacs et les courants : je sais le soir,L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,Illuminant de longs figements violets,Pareils à des acteurs de drames très antiquesLes flots roulant au loin leurs frissons de volets !J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,La circulation des sèves inouïes,Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheriesHystériques, la houle à l'assaut des récifs,Sans songer que les pieds lumineux des MariesPussent forcer le mufle aux Océans poussifs !J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables FloridesMêlant aux fleurs des yeux de panthères à peauxD'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des bridesSous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !J'ai vu fermenter les marais énormes, nassesOù pourrit dans les joncs tout un Léviathan !Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,Et les lointains vers les gouffres cataractant !Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !Échouages hideux au fond des golfes brunsOù les serpents géants dévorés des punaisesChoient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !J'aurais voulu montrer aux enfants ces doradesDu flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.- Des écumes de fleurs ont bercé mes déradesEt d'ineffables vents m'ont ailé par instants.Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,La mer dont le sanglot faisait mon roulis douxMontait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunesEt je restais, ainsi qu'une femme à genoux...Presque île, ballottant sur mes bords les querellesEt les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêlesDes noyés descendaient dormir, à reculons !Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,Moi dont les Monitors et les voiliers des HansesN'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;Libre, fumant, monté de brumes violettes,Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un murQui porte, confiture exquise aux bons poètes,Des lichens de soleil et des morves d'azur ;Qui courais, taché de lunules électriques,Planche folle, escorté des hippocampes noirs,Quand les juillets faisaient crouler à coups de triquesLes cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieuesLe rut des Béhémots et les Maelstroms épais,Fileur éternel des immobilités bleues,Je regrette l'Europe aux anciens parapets !J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îlesDont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer :L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !Si je désire une eau d'Europe, c'est la flacheNoire et froide où vers le crépuscule embauméUn enfant accroupi plein de tristesse, lâcheUn bateau frêle comme un papillon de mai.Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
► Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
► Hypotyposes saturniennes, ex belmontet
Quel est donc ce mystère impénétrable et sombre ?
Pourquoi, sans projeter leur voile blanche, sombre
Tout jeune esquif royal gréé ?
Renversons la douleur de nos lacrymatoires. _
..........................................................
L'amour veut vivre aux dépens de sa soeur,
-
L'amitié vit aux dépens de son frère.
..........................................................
Le sceptre, qu'à peine on révère,
N'est que la croix d'un grand calvaire _
Sur le volcan des nations !
..........................................................
Oh ! I'honneur ruisselait sur ta mâle moustache.
Belmontet
archétype Parnassien.
► Le pauvre songe
Peut-être un Soir m`attend
Où je boirai tranquille
En quelque vieille Ville,
Et mourrai plus content:
Puisque je suis patient!
Si mon mal se résigna,
Si j`ai jamais quelque or,
Choisirai-je le Nord
Ou le Pays des Vignes?...
-Ah! Songer est indigne
Puisque c`est pure perte!
Et si je redeviens
Le voyageur ansíen,
Jamais l`auberge verte
Ne peut bien m`être ouverte.
► Une saison en enfer. Vierge folle, l'Époux infernal
"Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... "
► Une saison en enfer. Faim
Je devins un opéra fabuleux : je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur : l’action n’est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle.
…
Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver : ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté.
…
Cela s’est passé. Je sais aujourd’hui saluer la beauté.
► Une saison en enfer. L’impossible
Pourtant, je no songeais guère au plaisir d’échapper aux souffrances modernes. Je n’avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran
► Une saison en enfer. Adieu
Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère.
Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais !
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.
► Illuminations. Conte
L’excès permet à chacun de trouver sa vérité intime. (no es frase del poema, es el análisis)
► Illuminations. Ville
Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l'extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. Ici vous ne signaleriez les traces d'aucun monument de superstition. La morale et la langue sont réduites à leur plus simple expression, enfin ! Ces millions de gens qui n'ont pas besoin de se connaître amènent si pareillement l'éducation, le métier et la vieillesse, que ce cours de vie doit être plusieurs fois moins long que ce qu'une statistique folle trouve pour les peuples du continent. Aussi comme, de ma fenêtre, je vois des spectres nouveaux roulant à travers l'épaisse et éternelle fumée de charbon, - notre ombre des bois, notre nuit d'été ! - des Erinnyes nouvelles, devant mon cottage qui est ma patrie et tout mon cœur puisque tout ici ressemble à ceci, - la Mort sans pleurs, notre active fille et servante, et un Amour désespéré, et un joli Crime piaulant dans la boue de la rue.
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
- Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier.
- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : " Veux-tu finir ! "
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : " Oh ! c'est encor mieux !...
Monsieur, j'ai deux mots à te dire... "
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien...
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
► Soleil et chair
Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser
► Ma bohème (fantaisie)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
► Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
► L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles
L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
► Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.J'étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.Dans les clapotements furieux des marées,Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,Je courus ! Et les Péninsules démarréesN'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.La tempête a béni mes éveils maritimes.Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flotsQu'on appelle rouleurs éternels de victimes,Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,L'eau verte pénétra ma coque de sapinEt des taches de vins bleus et des vomissuresMe lava, dispersant gouvernail et grappin.Et dès lors, je me suis baigné dans le PoèmeDe la Mer, infusé d'astres, et lactescent,Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blêmeEt ravie, un noyé pensif parfois descend ;Où, teignant tout à coup les bleuités, déliresEt rhythmes lents sous les rutilements du jour,Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,Fermentent les rousseurs amères de l'amour !Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombesEt les ressacs et les courants : je sais le soir,L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,Illuminant de longs figements violets,Pareils à des acteurs de drames très antiquesLes flots roulant au loin leurs frissons de volets !J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,La circulation des sèves inouïes,Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheriesHystériques, la houle à l'assaut des récifs,Sans songer que les pieds lumineux des MariesPussent forcer le mufle aux Océans poussifs !J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables FloridesMêlant aux fleurs des yeux de panthères à peauxD'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des bridesSous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !J'ai vu fermenter les marais énormes, nassesOù pourrit dans les joncs tout un Léviathan !Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,Et les lointains vers les gouffres cataractant !Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !Échouages hideux au fond des golfes brunsOù les serpents géants dévorés des punaisesChoient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !J'aurais voulu montrer aux enfants ces doradesDu flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.- Des écumes de fleurs ont bercé mes déradesEt d'ineffables vents m'ont ailé par instants.Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,La mer dont le sanglot faisait mon roulis douxMontait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunesEt je restais, ainsi qu'une femme à genoux...Presque île, ballottant sur mes bords les querellesEt les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêlesDes noyés descendaient dormir, à reculons !Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,Moi dont les Monitors et les voiliers des HansesN'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;Libre, fumant, monté de brumes violettes,Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un murQui porte, confiture exquise aux bons poètes,Des lichens de soleil et des morves d'azur ;Qui courais, taché de lunules électriques,Planche folle, escorté des hippocampes noirs,Quand les juillets faisaient crouler à coups de triquesLes cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieuesLe rut des Béhémots et les Maelstroms épais,Fileur éternel des immobilités bleues,Je regrette l'Europe aux anciens parapets !J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îlesDont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer :L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !Si je désire une eau d'Europe, c'est la flacheNoire et froide où vers le crépuscule embauméUn enfant accroupi plein de tristesse, lâcheUn bateau frêle comme un papillon de mai.Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
► Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
► Hypotyposes saturniennes, ex belmontet
Quel est donc ce mystère impénétrable et sombre ?
Pourquoi, sans projeter leur voile blanche, sombre
Tout jeune esquif royal gréé ?
Renversons la douleur de nos lacrymatoires. _
..........................................................
L'amour veut vivre aux dépens de sa soeur,
-
L'amitié vit aux dépens de son frère.
..........................................................
Le sceptre, qu'à peine on révère,
N'est que la croix d'un grand calvaire _
Sur le volcan des nations !
..........................................................
Oh ! I'honneur ruisselait sur ta mâle moustache.
Belmontet
archétype Parnassien.
► Le pauvre songe
Peut-être un Soir m`attend
Où je boirai tranquille
En quelque vieille Ville,
Et mourrai plus content:
Puisque je suis patient!
Si mon mal se résigna,
Si j`ai jamais quelque or,
Choisirai-je le Nord
Ou le Pays des Vignes?...
-Ah! Songer est indigne
Puisque c`est pure perte!
Et si je redeviens
Le voyageur ansíen,
Jamais l`auberge verte
Ne peut bien m`être ouverte.
► Une saison en enfer. Vierge folle, l'Époux infernal
"Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... "
► Une saison en enfer. Faim
Je devins un opéra fabuleux : je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur : l’action n’est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle.
…
Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver : ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté.
…
Cela s’est passé. Je sais aujourd’hui saluer la beauté.
► Une saison en enfer. L’impossible
Pourtant, je no songeais guère au plaisir d’échapper aux souffrances modernes. Je n’avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran
► Une saison en enfer. Adieu
Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère.
Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais !
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.
► Illuminations. Conte
L’excès permet à chacun de trouver sa vérité intime. (no es frase del poema, es el análisis)
► Illuminations. Ville
Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l'extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. Ici vous ne signaleriez les traces d'aucun monument de superstition. La morale et la langue sont réduites à leur plus simple expression, enfin ! Ces millions de gens qui n'ont pas besoin de se connaître amènent si pareillement l'éducation, le métier et la vieillesse, que ce cours de vie doit être plusieurs fois moins long que ce qu'une statistique folle trouve pour les peuples du continent. Aussi comme, de ma fenêtre, je vois des spectres nouveaux roulant à travers l'épaisse et éternelle fumée de charbon, - notre ombre des bois, notre nuit d'été ! - des Erinnyes nouvelles, devant mon cottage qui est ma patrie et tout mon cœur puisque tout ici ressemble à ceci, - la Mort sans pleurs, notre active fille et servante, et un Amour désespéré, et un joli Crime piaulant dans la boue de la rue.
Poesía Lírica - Hugo von Hofmannsthal
- Tercetos - Sobre lo efímero
Percibo aún su aliento sobre las mejillas:
¿cómo pueden estos días cercanos
No ser ya, haberse ido para siempre, definitivamente?
Se trata de algo que nadie acaba de entender,
Y demasiado cruel para la queja:
Que todo se desliza y fluye.
Y que mi propio yo, sin ningún estorbo,
Hacia mí se escapara de un niño pequeño
Inquietantemente mudo y extraño, como un perro.
Además: que yo existiera también hace cien años
Y mis antepasados que están en sus sudarios
Tan vinculados a mí como mi propio cabello.
Tan uno conmigo son, como mi propio cabello
¡Las horas! En ellas contemplamos el azul celeste
Del mar y comprendemos la muerte,
Tan ligeras y solemnes y sin pavor alguno,
Como muchachas de extrema palidez,
Y de grandes ojos, siempre tiritando,
Que, mudas, una noche fijan ante sí la mirada
Y saben que en ese instante la vida de sus
Miembros soñolientos fluye silenciosa
En árbol y hierba y, débilmente sonriendo,
Se avergüenzan
Como una santa que vierte su sangre.
Estamos hechos de la misma materia que los sueños,
Y los sueños abren así los ojos
Como los niños bajo los cerezos
De entre cuyas copas el oro pálido del devenir
De la luna llena se alza atravesando la amplia noche,
…No de otro modo emergen nuestros sueños,
Están ahí y viven como un niño que ríe,
Y no son menos en su parábola
Que la luna llena, al despuntar entre las copas.
Lo más íntimo está abierto a su tejer;
Como manos fantasmales en un espacio cerrado
Están en nosotros, y siempre con vida.
Y los tres son Uno: un hombre, un objeto, un sueño
- Abuela y nieto
“¡Lejos está tu pensamiento, sólo tu pie
En mi puerta!”
¿Cómo lo sabes si apenas he saludado?
“Hijo, porque lo siento.”
¿El qué? “Cómo Ella con dulce quietud
Dulcemente a través tuyo asusta”.
De forma extraña, como ella,
Inclinaste la cabeza.
“Antaño…” No: ¡Ahora en el instante!
Me hace feliz la ilusión
“Hijo ¿qué inspira tu palabra y tu mirada
Ahora en mi interior?
¡Mi juventud llena de brillo
Con furtivo aliento
Me abre el alma!”
Sí, también lo siento:
¡Y estoy a tu lado y es
Como si estuviera en una extraña estrella:
De ella y de ti, con despierto sentido,
Oscilando cerca y lejos”
“Cuando a tu abuelo
Me entregué de por vida,
No entré tan confusa
Como en mi tumba ahora.”
¿Tumba? ¿De qué hablas?
¡Esto queda lejos de ti!
Estás cómodamente sentada y hablas
Con tu nieto, aquí,
Tus ojos vivos y animados,
Tus mejillas claras
…
- Psique . Psyche, my soul (Edgar Poe)
…Y Psique, mi alma, me miró
Pálida y temblorosa por el llanto contenido,
Y dijo suavemente: “Señor, deseo morir,
Estoy terriblemente cansada y tengo frío”.
O Psique, Psique, pequeña alma mía,
Tranquilízate, te voy a preparar algo de beber
Que haga fluir la cálida vida por tus miembros
….
Entonces Psique, mi alma,
Con mirada enfadada y boca severa habló:
“por lo tanto, he de morir si nada sabes
De todo cuanto la vida quiere.”
- Donde yo me acerque…
¡Donde yo me acerque, donde amarre,
Allí en la sombra, allá en la arena
A mi lado se sentarán,
Y les deleitaré,
Les uniré a las sombras!
- Tiempo interminable
¿Eres realmente tan débil como para no recordar
Los tiempos de la dicha?
Sobre el valle oscurecido se anunciaron las estrellas,
Pero nosotros permanecimos en la sombra, temblando.
El olmo gigantesco
Se agitó como en sueños y dejó caer una cortina
De ruidosas gotas sobre la hierba. ¡Ni una hora
Había transcurrido
Desde aquella lluvia! Y ello me pareció un tiempo
Interminable.
Pues a quien lo vive, se le dilata la vida: se abren silenciosos,
Entre dos instantes, abismos de un sueño interminable:
Como si hubiera aspirado en mí tus veinte años
De existencia,
Me pareció, mientras el árbol aún conservaba
Sus gotas.
- Conversación
El más joven
…
El más viejo
Ahora, pienso, me ha sido dada una medida,
Una medida invariable y segura,
Que para siempre e infalible me elude
Tomar una cosa vacía por llena,
Despilfarrar en banalidades, otorgar
A sentimientos extraños y al pensamiento aprendido
Cualquier lugar en una de mis venas.
Sólo la enfermedad, la desgracia o la muerte
Pueden aún amenazarme, y apenas la mentira.
Para ello mi nueva tarea está demasiado llena
De sencilla nobleza. Y así medido,
Se deshace la ficticia importancia en nada.
De golpe se cerraron las últimas puertas
A través de las cuales hubiera podido empezar
Un mal camino. Nunca más volveré a estar
Completamente aturdido,
Manchado en lo más hondo y completamente
Enloquecido de bondad.
Puesto que un destello
Del verdadero sentido de la vida me ha iluminado.
- Palabras
Algunas palabras hay que golpean como mazas. Pero
Hay otras
Que te tragas cual anzuelo y sigues nadando sin saberlo.
- ¿Qué es el mundo?
¿qué es el mundo? Un eterno poema,
Desde el que resplandece y brilla el espíritu de la divinidad,
Desde el que espumea y centellea el vino de la sabiduría,
Desde el que nos habla la voz del amor.
Y el ánimo cambiante de cada hombre
Es un rayo que emerge de ese sol,
Un verso con otros miles se entrelaza,
Que inadvertido se extingue, se apaga, se marchita.
Pero también un mundo para sí mismo
Lleno de dulces y secretas voces jamás percibidas,
Dotado de propia e inmaculada belleza,
Eco y reflejo de ningún otro.
Y por mucho que en él supieras leer,
Un libro que en la vida nunca ahondarás.
Was ist die Welt? Ein ewiges Gedicht,Daraus der Geist der Gottheit strahlt und glüht,Daraus der Wein der Weisheit schäumt und sprüht,Daraus der Laut der Liebe zu uns sprichtUnd jedes Menschen wechselndes Gemüt,Ein Strahl ists, der aus dieser Sonne bricht,Ein Vers, der sich an tausend andre flicht,Der unbemerkt verhallt, verlischt, verblüht.Und doch auch eine Welt für sich allein,Voll süß-geheimer, nievernommner Töne,Begabt mit eigner, unentweihter Schöne,Und keines andern Nachhall, Widerschein.Und wenn du gar zu lesen drin verstündest,Ein Buch, das du im Leben nicht ergründest.
- A los pesimistas. Gazal
Mientras el amor nos atraiga con placeres y tormentos,
Mientras oscilen entusiasmo y desaliento,
No llegará, en la tierra, la hora
La horrible hora sin poesías:
Mientras la belleza bajo mil formas florezca,
Lata también un corazón, para cantar y para decir,
Mientras el dolor, eterno, nos entrelace,
Nos quejaremos con música,
¡Y sólo se apagará el último sueño
Cuando haya llevado ante Dios al último corazón!
Solang uns Liebe lockt mit Lust und Plagen,
Solang Begeistrung wechselt und Verzagen,
Solange wird auf Erden nicht die Zeit,
Die schreckliche, die dichterlose tagen:
Solang in tausend Formen Schönheit blüht,
Schlägt auch ein Herz, zu singen und zu sagen,
Solang das Leid, das ewge, uns umflicht,
Solange werden wirs in Tönen klagen,
Und es erlischt erst dann der letzte Traum,
Wenn er das letzte Herz zu Gott getragen!
- Pregunta
¿Acaso no percibes el temblor de mis labios?
¿Acaso no sabes leer esos pálidos rasgos,
Ni sentir que mi sonrisa es congoja y mentira
Cuando mis miradas, inquisidoras, se ciernen sobre ti?
¿No ansías un hálito de vida,
Un brazo cálido que te lleve lejos
De ese pantano de días yermos, vacíos,
Sobre el que se tejen las pálidas luces, extraviadas?
¿Tan mal leí en tus ojos profundos?
¿No vi brillar cálida, ahí, ninguna ansia secreta?
¿No oculta tu húmeda mirada
Alguna oculta puerta de tu alma? Los deseos que ahí
Dormían,
Como silenciosas rosas en el oleaje, oscuro,
Son como tu palabrería: carentes de alma… ¿Palabras,
Palabras?
Merkst du denn nicht, wie meine Lippen beben?Kannst du nicht lesen diese bleichen Züge,Nicht fühlen, dass mein Lächeln Qual und Lüge,Wenn meine Blicke forschend dich umschweben?
Sehnst du dich nicht nach einem Hauch von Leben,Nach einem heißen Arm, dich fortzutragenAus diesem Sumpf von öden, leeren Tagen,Um den die bleichen, irren Lichter weben?
So las ich falsch in deinem Aug', dem tiefen?Kein heimlich Sehnen sah ich heiß dort funkeln?Es birgt zu deiner Seele keine Pforte
Dein feuchter Blick? Die Wünsche, die dort schliefen,Wie stille Rosen in der Flut, der dunkeln,Sind, wie dein Plaudern: seellos ... Worte, Worte? - El cuerpo del señor
Envueltas las calles en el repique de campanas, en el
Olor a incienso,
Palpita en ellas una suntuosa festividad
Y atrae por doquier un feliz gentío
Hacia todas las ventanas pero la tuya sigue cerrada.
Así he vertido también yo ante ti
Una variada multitud de sueños,
Contenido del alma:
Apenas lo percibiste, y entonces callé, contrariado
Y esquivo,
Mientras suave dispersa el viento los suaves tonos.
Presta atención: un día se desvanece rápido,
Y vacía y desértica vuelve a estar la calle;
Presta atención: presiento que llegan tiempos
En los que suspirarás por las canciones rechazadas:
Hoy suena para ti, sin pedirlo, un coro de voces,
Cuando un día lo pidas, guardará silencio.
- Noche de tormenta
La noche de tormenta nos ha esposado
Bajo el estrépito, la furia y el miedo:
Lo que nuestras almas tanto tiempo se ocultaron,
Allí nos fue revelado.
Tan profundamente leí en tu mirada
Bajo el resplandor de los relámpagos:
Leí en ella mi ardorosa suerte,
En su brillo húmedo.
El viento me arrojaba tu aromático cabello,
Que jugaba en mi frente y mejillas,
Susurraba tentadora la multitud de ondas,
Por un deseo cálido y profundo.
Tan próximos estaban los labios,
Te tuve tan fuertemente abrazada;
A mi súplica y a tu balbuciente sí
Se los tragó el viento…
- La sombra de un muerto
La sombra de un muerto cayó sobre nosotros
Y la última lucha de un alma de artista,
Del alma que se veía morir
Y que aún quería pintar su convulsión.
Y nos hizo temblar la perniciosa ansia
De hacernos sentir ese horror de muerte,
Como si, a través de su mirada rota, pudiéramos
Ver las profundas y secretas razones de la vida.
…
Esto es tal vez lo último que nos queda,
Cuando el pensamiento inconcebido miente ya:
Que a un corazón tembloroso otro lo escucha
Y la mano se pliega a la suave presión sobre la mano…
- Consagración del artista
Caminamos silenciosos, intimidados, encorvados de miedo,
Y temerosos, ocultamos lo que protegemos en nuestro corazón,
Y decimos palabras que no nos conmueven,
Y, encantados, alabamos cosas muertas.
El alma yace enterrada y ahogada…
Lo descompuesto alumbra pálido por nocturnos caminos…
Y si nos cansamos, que el arte nos enardezca
Hasta que, en el delirio, nos alejemos del vacío suplicio.
Hace poco, mi ojo reparó en el libro del maestro Wolfram
Sobre Parsifal, y ante mí se alzó la maldición
Que del perdido Grial cayó:
“¿¡Desgraciado, qué no preguntaste!?”
Presintiendo con compasión, libera el silencioso suplicio:
Esto es único ¡una consagración de artista!
- Fuente de vida
Las corrientes de primavera cruzan mi espíritu:
Siento que un fermento familiar se derrama
Por miles de brotes que hoy se abren,
Y emana vida nueva y brota y circula.
Es el fluir de la eterna fuente de la juventud,
Que cada día la misma plenitud presenta:
En nueva belleza de humedad transfiguraba brilla
Lo que ella humedece y llama al disfrute:
Pensamientos, venid y bebed de la nueva vida:
Tú, tímida esperanza, sentir casi extinguido,
Tú, esfuerzo debilitado de andar cansino,
Dejad que el luminoso raudal de vida os impregne,
Vosotros, sueños, imágenes que veo cada día,
Que ese brillo os rocíe para siempre.
- Soneto del mundo
La madre naturaleza refleja
Nuestras penas y alegrías,
Siempre estará en nuestra huella,
Y todo se vuelve fuente de metáforas:
Verdor primero de la fresca campiña,
Adviertes la inclinación, suavemente iniciada,
Tórrido quemar de soles maduros,
¡eres del amor sólo destello!
Crece en torno al árbol la enredadera,
Pensamos de nuevo en nosotros,
Suspiramos por algo que fiel
Os ate decidida y tiernamente…
Y nos sentimos unidos tan pronto
Como reconocemos nuestra imagen.
- Si separáis la forma del contenido…
Si separáis la forma del contenido, no sois artistas que crean.
La forma es el sentido del contenido, el contenido la esencia de la forma.
- Apago la luz
Apago la luz
Con mano púrpura,
Me quito el mundo
Como si fuera un traje de colores
Y me sumerjo en lo oscuro
Desnudo y solo,
El reino profundo
Será mío y yo suyo.
Grandes milagros corren lieros
A través de la espesura,
Venas de agua saltan
En el sentido más profundo,
Oh, que sigan saltando,
Yo llegaría al centro
Al corazón de la tierra
Cerca de todo, lejos de todo.
Ich lösch das LichtMit purpurner Hand,Streif ab die WeltWie ein buntes Gewand Und tauch ins DunkelNackt und allein,Das tiefe ReichWird mein, ich sein. Groß' Wunder huschenDurch Dickicht hin,Quelladern springenIm tiefsten Sinn, O spräng noch manche,Ich käm in' Kern,Ins Herz der Welt
Allem nah, allem fern.
- Posesión
El gran jardín está abierto,
Amplias terrazas silenciosas:
¡Si me dejara conocer todos sus rincones,
Disfrutar de cada recodo!
Alzar la vista desde el suelo de flores,
Hasta el cielo entre las ramas,
A lo largo del arroyo caminar en lo desconocido,
Dejarme llevar por la suave pendiente:
Entonces, sólo entonces llegaré al estanque,
Que en el centro reflejará,
Ante mí, la dicha entera del jardín,
De ensueño unidad, liberada.
¡Mas las miradas profundas sobre
Semejante, plena posesión son escasas!
Entre el encontrar y el perder
Han de ser consideradas divinas.
Todo en uno, piel y centro,
Esa suerte pertenece al sueño…
¡Hondamente aprehendido y poseído!
¿Tendrá esto lugar en la vida?...
Großer Garten liegt erschlossen,Weite schweigende Terrassen.Müßt mich alle Teile kennen,Jeden Teil genießen lassen! Schauen auf vom Blumenboden,Auf zum Himmel durch Gezweige,Längs dem Bach ins Fremde schreiten!Niederwandeln sanfte Neige: Dann, erst dann komm ich zum Weiher,Der in stiller Mitte spiegelt,Mir des Gartens ganze FreudeTräumerisch vereint entriegelt. Aber solchen VollbesitzesTiefe Blicke sind so selten!Zwischen Finden und VerlierenMüssen sie als göttlich gelten. All in einem, Kern und Schale,Dieses Glück gehört dem Traum ...Tief begreifen und besitzen!
Hat dies wo im Leben Raum? ...
- Carta de lord Changos (wikipedia)
A menudo, se dice que su Carta de lord Chandos, expresa una crisis en su juventud lírica y un cambio de rumbo literario a sus veintisiete años. Sin ser del todo cierto, Hofmannsthal diría más tarde que su famosa Carta revelaba que también a él le torturó percibir cómo un individuo solitario se siente atado a la sociedad por medio del lenguaje. En esas páginas implacables de 1902, un barroco Chandos confesaba al filósofo Francis Bacon: «Mi caso es, en dos palabras, el siguiente: he perdido completamente la facultad de pensar o hablar con coherencia sobre cualquier cosa. Al principio, se me fue volviendo imposible discutir sobre un tema elevado o general y pronunciar aquellas palabras tan fáciles de usar que cualquier hombre puede servirse de ellas sin esfuerzo. Sentía un malestar inexplicable sólo con pronunciar 'espíritu', 'alma' o 'cuerpo'. Encontraba imposible dar un juicio en mi interior acerca de los asuntos de la corte, los sucesos del parlamento o lo que queráis, porque las palabras abstractas que usa la lengua de modo natural para sacar a la luz cualquier tipo de juicio se me deshacían en la boca como hongos podridos». Y «esta infección se fue expandiendo paso a paso como una herrumbre que devora todo lo que queda a su alcance. Todo se fraccionaba, y cada parte se dividía a su vez en más partes, y nada se dejaba sujetar ya por un concepto». Por el contrario «cualquier criatura, un perro, una rata, un escarabajo, un manzano atrofiado, unas roderas serpenteando sobre la colina, una piedra cubierta de musgo», se le presentaban con mayor fuerza; esto es, cosas y animales cobraban la mayor presencia.
martes, 26 de agosto de 2008
La tiranía de la penitencia. Ensayo sobre el masoquismo occidental. Pascal Bruckner
- "Europa morirá de este principio: eso no tiene que ver conmigo" Gustav Mahler
- No hay nada más occidental que el odio a Occidente, la pasión por herirse, por lastimarse
- Reconciliar a Europa con la historia y a Estados Unidos con el mundo, es nuestra tarea en este inicio del siglo XXI. Enseñarle a la primera que no se ganan las batallas sólo con las armas del compromiso y del encantamiento; y a los segundos que no están sólos sobre la tierra, investidos de una misión providencial que los eximiría de buscar la aprobación de los demás, de escuchar y de argumentar y que la ambición de hacer felices a los pueblos a pesar de ellos mismos desemboca en un desastre
¿Debemos seguir entonando como una letanía el mea culpa por los errores del pasado? ¿Debemos regodearnos en la pervivencia de la memoria de los desmanes del imperialismo, la colonización, el esclavismo, las guerras, el fascismo, el comunismo? El autor trata de dar respuesta a una serie de preguntas que resultan incómodas y pocos se atreven a plantear sobre nuestras relaciones con la inmigración, el mundo islámico, Estados Unidos, Israel y el propio pasado del continente.
http://www.elsemanaldigital.com/articulos.asp?idarticulo=84546
La impaciencia del corazón. Stefan Zweig
- A menudo el valor no es ino la otra cara de una debilidad
- Ese singular envenenamiento por compasión
- Sólo cuando uno sabe que es algo también para otros, descubre el sentido y la misión de su propia existencia
- La desgracia hace a la gente vulnerable y el sufrimiento continuo la vuelve injusta
- Las cosas medio hechas y las alusiones medio dichas siempre perjudican; todo lo malo de este mundo viene de las medias tintas
- No hay envidia más vulgar que la de las naturalezas subalternas cuando ven a su compañero que es sacado de la misma servidumbre sórdida y elevado por encima de ellos como por alas de ángeles: las almas mezquinas antes perdonan a un príncipe la riqueza fulminante, que la libertad más modesta al compañero de desdichas unicido al mismo yugo.
- La compasión es una maldita arma de doble filo, el que no sabe manejarla menor que no la toque con la mano y menos aún con el corazón. p.238
- Hay dos clases de compasión, una débil y sentimental, que en realidad sólo es impaciencia del corazón por liberarse lo antes posible de la penosa emoción ante una desgracia ajena, es una defensa instintiva del alma ante una desgracia ajena. Y la ora, la única que cuenta, es la desprovista de lo sentimental, pero creativa, que sabe lo que quiere y está dispuesta a aguantar con paciencia y resignación hastas sus últimas fuerzas e incluso más allá.
- Cuento de las mil y una noches sobre la compasión: el anciano tullido
- Los peores males de este mundo, no son los causados por la maldad y la brutalidad, sino los causados por la debilidad
- Era mi punto vulnerable, aquí era yo el inválido, era yo quien necesitaba las muletas.
- En el fondo obedece a la ley de su sexo; a toda mujer es innato, primitivo por decirlo así, el gesto de la negativa incial y aun cuando se niegue a sí misma el deseo más ardiente, no se la puede llamar inhumana. No corresponder al deseo de una mujer significa aniquilar su orgullo, distruir su pudor. Una vez que la mujer ha dejado al descubierto su debilidad, toda resistencia del hombre se convierte irremisiblemente en crueldad; siempre que no acepta el amor, se convierte sin culpa en culpable
- Los instintos siempre saben más que nuestros pensamientos despiertos
- Por lo común, sentimientos indefinidos se ciernen y oscilan en infinitos matices entre el deseo vago, el propósito indeciso y la realización definitiva, y uno de los placeros más secretos del corazón es jugetear, inseguro, con las decisiones antes de llevarlas a la práctica con plena conciencia.
- Nuestras decisiones dependen de la adaptación a la condición social y al entorno en mucha mayor medida de lo que estamos dispuestas a reconocer. Una parte considerable de nuestro pensamiento se limita a transmitir automáticamente impresiones e influiencias recogidas mucho tiempo atrás
- No, los sanos, los seguros, los orgullosos, los satisfechos, los alegres, no aman... ¡No lo necesitan! reciben el amor sólo como un homenaje que se les ofrece, como una obligación que se les debe, arrogantes e indiferentes. Aceptan la entrega de otros como un mero atributo, un adorno en el pelo, una pulsera en el brazo, y no como el sentido y la felicidad de su vida. Sólo a aquellos que el destino ha golpeado, los azorados, los postergados, los inseguros, los feos, los humillados, se les puede ayudar verdaderamente con el amor. Sólo ellos saben amar y ser amados como se debe amar: con gratitud y humildad
lunes, 21 de julio de 2008
INVENTARIO 1 Poesía 1950-1985. Mario Benedetti
- Cantera de projimos
La soledad te ayuda únicamente
Si la vas a colmar de ecos necesarios
De nostalgias tangibles / sólo así
Podrá llegar a ser tu cantera de prójimos - Conjugaciones
5 (después)
El futuro no es una página en blanco es una fé de erratas.
8 (previsión)
De vez en cuando es bueno ser consciente de que hoy de que ahora estamos fabricando las nostalgias que descongelarán algún futuro. 9 (plurales)
Hay ayeres y mañanas pero no hay hoyes. - Piedritas en la Ventana
De vez en cuando la alegría tira piedritas contra mi ventana quiere avisarme que esta ahí esperando pero me siento calmo casi diría ecuánime voy a guardar la angustia en un escondite y luego a tenderme la cara al techo que es una posición gallarda y cómoda para filtrar noticias y creerlas quien sabe donde quedan mis próximas huellas ni cuando mi historia va a ser computada quien sabe que consejos voy a inventar aun y que atajo hallare para no seguirlos esta bien no jugare al desahucio no tatuare el recuerdo con olvidos mucho queda por decir y callar y también quedan uvas para llenar la boca esta bien me doy por persuadido que la alegría no tire mas piedras abriré la ventana. - Defensa de la alegría
Defender la alegría como una trinchera defenderla del escándalo y la rutina de la miseria y los miserables de las ausencias transitorias y las definitivas
defender la alegría como un principio defenderla del pasmo y las pesadillas de los neutrales y de los neutrones de las dulces infamias y los graves diagnósticos
defender la alegría como una bandera defenderla del rayo y la melancolía de los ingenuos y de los canallas de la retórica y los paros cardiacos de las endemias y las academias
defender la alegría como un destino defenderla del fuego y de los bomberos de los suicidas y los homicidas de las vacaciones y del agobio de la obligación de estar alegres
defender la alegría como una certeza defenderla del óxido y de la roña de la famosa pátina del tiempo del relente y del oportunismo de los proxenetas de la risa
defender la alegría como un derecho defenderla de dios y del invierno de las mayúsculas y de la muerte de los apellidos y las lástimas del azar y también de la alegría - Síndrome
Todavía tengo casi todos mis dientes casi todos mis cabellos y poquísimas canas puedo hacer y deshacer el amor trepar una escalera de dos en dos y correr cuarenta metros detrás del ómnibus o sea que no debería sentirme viejo pero el grave problema es que antes no me fijaba en estos detalles. - Táctica y estrategia
Mi táctica es mirarte aprender como sos quererte como sos
mi táctica es hablarte y escucharte construir con palabras un puente indestructible
mi táctica es quedarme en tu recuerdo no sé cómo ni sé con qué pretexto pero quedarme en vos
mi táctica es ser franco y saber que sos franca y que no nos vendamos simulacros para que entre los dos
no haya telón ni abismos
mi estrategia es en cambio más profunda y más simple mi estrategia es que un día cualquiera no sé cómo ni sé con qué pretexto por fin me necesites - Mucho más grave
...
Quiero decir que estas abrazando mi madurez esta mezcla de estupor y experiencia, este extraño confin de angustia y nieve, esta bujia que ilumina la muerte, este precipicio de la pobre vida.
... - Pausa
De vez en cuando hay que hacer una pausa
contemplarse a sí mismo sin la fruición cotidiana
examinar el pasado rubro por rubro etapa por etapa baldosa por baldosa
y no llorarse las mentiras sino cantarse las verdades. - Chau número tres
Te dejo con tu vida tu trabajo tu gente con tus puestas de sol y tus amaneceres
sembrando tu confianza te dejo junto al mundo derrotando imposibles segura sin seguro
te dejo frente al mar descifrándote sola sin mi pregunta a ciegas sin mi respuesta rota
te dejo sin mis dudas pobres y malheridas sin mis inmadureces sin mi veteranía
pero tampoco creas a pie juntillas todo no creas nunca creas este falso abandono
estaré donde menos lo esperes por ejemplo en un árbol añoso de oscuros cabeceos
estaré en un lejano horizonte sin horas en la huella del tacto en tu sombra y mi sombra
estaré repartido en cuatro o cinco pibes de esos que vos mirás y enseguida te siguen
y ojalá pueda estar de tu sueño en la red esperando tus ojos y mirandoté. - Hagamos un trato
Cuando sientas tu herida sangrar cuando sientas tu voz sollozar cuenta conmigo
(de una canción de Carlos Puebla)
Compañera usted sabe que puede contar conmigo no hasta dos o hasta diez sino contar conmigo
si alguna vez advierte que la miro a los ojos y una veta de amor reconoce en los míos no alerte sus fusiles ni piense qué delirio a pesar de la veta o tal vez porque existe usted puede contar conmigo
si otras veces me encuentra huraño sin motivo no piense qué flojera igual puede contar conmigo
pero hagamos un trato yo quisiera contar con usted es tan lindo saber que usted existe uno se siente vivo y cuando digo esto quiero decir contar aunque sea hasta dos aunque sea hasta cinco no ya para que acuda presurosa en mi auxilio sino para saber a ciencia cierta que usted sabe que puede contar conmigo - No te salves
No te quedes inmóvil al borde del camino no congeles el júbilo no quieras con desgana no te salves ahora ni nunca no te salves no te llenes de calma
no reserves del mundo sólo un rincón tranquilo no dejes caer los párpados pesados como juicios
no te quedes sin labios no te duermas sin sueño no te pienses sin sangre no te juzgues sin tiempo
pero si pese a todo no puedes evitarlo y congelas el júbilo y quieres con desgana
y te salvas ahora y te llenas de calma y reservas del mundo sólo un rincón tranquilo y dejas caer los párpados pesados como juicios y te secas sin labios y te duermes sin sueño y te piensas sin sangre y te juzgas sin tiempo y te quedas inmóvil al borde del camino y te salvas entonces no te quedes conmigo - Vamos juntos
Con tu puedo y con mi quiero vamos juntos compañero
... - Militancia
...
Está visto que un pueblo sólo empieza a ser pueblo cuando
Cada singular necesita perentoriamente su plural - Oda a la mordaza
...pienso luego insisto... - En pie
Sigo en pie
por latido
por costumbre
por no abrir la ventana decisiva
y mirar de una vez a la insolente
muerte
esa mansa
dueña de la espera
sigo en pie
por pereza en los adioses
cierre y demolición
de la memoria
no es un mérito
otros desafían
la claridad
el caos
o la tortura
seguir en pie
quiere decir coraje
o no tener
donde caerse
muerto. - Los descansos
...uno quisiera a veces conseguir un insomnio
Para tasar con calma
Con cordura
Los fracasos las viles resonancias
Y aprender del silencio
Ese maestro...
- ÉSTE Y NO OTRO
Porqué viene el recuerdoéste y no otrosi nadie nada nuncalo llama lo repite lo convocasi miro claraboyas nubes techospálidas astas sin banderaspuertas cerradas mudasárboles esqueléticos porquési estoy vacíode alarmaso repleto de pacesque es lo mismosi nadie vociferanadie llora o se esconde o se desangrasi la calle está solacon sus sonidos y vidrierassolacon sus ciegos que pideny se borransi nadie nada nuncalo llama lo repite lo convocapor quéviene el recuerdoéstey no otroéstey no otroéste. - ENTRE ESTATUAS
No te quedes inmóvil al borde del camino,no congeles el jubilo, no quieras con desgana,no te salves ahora, ni nunca,no te salves, no te llenes de calma.No reserves del mundo solo un rincón tranquilo,no dejes caer los parpados pesados como juicios,no te quedes sin labios, no te duermas sin sueño,no te pienses sin sangre, no te juzgues sin tiempo.Pero si pese a todo no puedes evitarlo,y congelas el jubilo y quieres con desgana,y te salvas ahora y te llenas de calma,y reservas del mundo solo un rincón tranquilo,y dejas caer los parpados pesados como juicios,y te secas sin labios y te duermes sin sueño,y te piensas sin sangre y te juzgas sin tiempo,y te quedas inmóvil al borde del camino,y te salvas, entonces, no te quedes conmigo.
- Balance
En el Activo consta lo siguienteun corazón inhábil y porfiadolos padres como abrigocorno mundodos viejas noches de hace treinta añoslos zapatos rodeados de juguetesbuenas imitaciones del amorun alegre cansancio repetidotrampas para mentiraslibrosviajestres corbatas que nunca se arrugaronalguna charla con pocos amigosmemoria y tacto de cinturaslabiosel segundo en que aflojan los doloresuna ducha en enerosoledadesla provisoria paz de la concienciael turbador regreso de un desmayolas cosas que se dicen cuando se amala tarde en que uno escribe de un tirónlos ojos de alguien en un gran silencioel rato en que uno olvida que hay la muerte.En el Pasivo consta lo siguienteodios pesados y livianosrabiasque son amargas hasta en la salivala cara al afeitarse de mañanacuando uno se reencuentra con su vísperay se sienten las deudas en la nucala corrida del ómnibusel asmael estupor frente al primer hipócritala envidia que lastimael desconciertoel amigo que no erael que se vala culpa los rencores los adiosesla presión deshonestael menospreciode los que tienen la sartén y el mangolos voraces que ganan la partidala verdad que apabulla y que es verdadel futuro cerrado y sin la llavelos ojos de alguien en un gran silencioy todos los momentos menos unotodas las noches en que está la muerte.Salvo error u omisión este balanceinfortunadamente arroja pérdidasa enjugar en futuros ejercicios.
Piedra y sol (poemas elegidos Luis Antonio de Villena). Octavio Paz
- Elegía interrumpida
Hoy recuerdo a los muertos de mi casa
Al primer muerto nunca lo olvidamos,
aunque muera de rayo, tan aprisa
que no alcance la cama ni los óleos.
Oigo el bastón que duda en un peldaño,
el cuerpo que se afianza en un suspiro,
la puerta que se abre, el muerto que entra.
De una puerta a morir hay poco espacio
y apenas queda tiempo de sentarse,
alzar la cara, ver la hora
y enterarse: las ocho y cuarto.
Hoy recuerdo a los muertos de mi casa.
La que murió noche tras noche
y era una larga despedida,
un tren que nunca parte, su agonía.
Codicia de la boca
al hilo de un suspiro suspendida,
ojos que no se cierran y hacen señas
y vagan de la lámpara a mis ojos,
fija mirada que se abraza a otra,
ajena, que se asfixia en el abrazo
y al fin se escapa y ve desde la orilla
cómo se hunde y pierde cuerpo el alma
y no encuentra unos ojos a que asirse...
¿Y me invitó a morir esa mirada?
Quizá morimos sólo porque nadie
quiere morirse con nosotros, nadie
quiere mirarnos a los ojos.
- Soliloquio de medianoche
Dormía, en mi pequeño cuarto de roedor civilizado,
Cuando alguien sopló en mi oído estas palabras:
“duermes, vencido por fantasmas que tú mismo engendras,
Y mientras tú deliras, otros besan o matan,
Conocen otros labios, penetran otros cuerpos,
La piedra vive y se incorpora,
Y todo, el polvo mismo, encarna en una forma que respira”.
…
A solas otra vez, toqué mi corazón,
allí donde los viejos nos dijeron que nacían el valor y la esperanza,
mas él, desierto y ávido, sólo latía,
sílaba indescifrable,
despojo de no sé qué palabra sepultada… - Cuerpo a la vista
Y las sombras se abrieron otra vez y mostraron un cuerpo:
tu pelo, otoño espeso, caída de agua solar,
tu boca y la blanca disciplina de sus dientes caníbales,
prisioneros en llamas,
tu piel de pan apenas dorado y tus ojos de azúcar quemada,
sitios en donde el tiempo no transcurre,
valles que sólo mis labios conocen,
desfiladero de la luna que asciende a tu garganta entre
tus senos,
cascada petrificada de la nuca,
alta meseta de tu vientre,
playa sin fin de tu costado.
Tus ojos son los ojos fijos del tigre
y un minuto después son los ojos húmedos del perro.
Siempre hay abejas en tu pelo.
Tu espalda fluye tranquila bajo mis ojos
como la espalda del río a la luz del incendio.
Aguas dormidas golpean día y noche tu cintura de arcilla
y en tus costas, inmensas como los arenales de la luna,
el viento sopla por mi boca y su largo quejido cubre con
sus dos alas grises
la noche de los cuerpos,
como la sombra del águila la soledad del páramo.
Las uñas de los dedos de tus pies están hechas del cristal
del verano.
Entre tus piernas hay un pozo de agua dormida,
bahía donde el mar de noche se aquieta, negro caballo
de espuma,
cueva al pie de la montaña que esconde un tesoro,
boca del horno donde se hacen las hostias,
sonrientes labios entreabiertos y atroces,
nupcias de la luz y la sombra, de lo visible y lo invisible
(allí espera la carne su resurrección y el día de la vida
perdurable).
Patria de sangre,
única tierra que conozco y me conoce,
única patria en la que creo,
única puerta al infinito. - Hermosura que vuelve
En un rincón del salón crepuscular
O al volver una esquina en la hora indecisa y blasfema,
O una mañana parecida a un navío atado al horizonte,
O en Morelia, bajo los arcos rosados del antiguo acueducto,
Ni desdeñosa ni entregada, centelleas.
El telón de este mundo se abre en dos.
Cesa la vieja oposición entre verdad y fábula,
Apariencia y realidad celebran al fin sus bodas,
Sobre las cenizas de las mentirosas evidencias
Se levanta una columna de seda y electricidad,
Un pausado chorro de belleza.
Tú sonríes, arma blanca a medias desenvainada.
Niegas al sueño en pleno sueño,
Desmientes al tacto y a los ojos en pleno día.
Tú existes de otro modo que nosotros,
No eres la vida pero tampoco la muerte.
Tú nada más estás,
Nada más fulges, engastada en la noche.
- Biografía
No lo que pudo ser:
Es lo que fue.
Y lo que fue está muerto.
- Mi vida con la ola
Nada conmueve tanto a las mujeres como la posibilidad de salvar a un hombre
- Prisa
A pesar de mi torpor, de mis ojos hinchados, de mi panza, de mi aire de recién salido de la cueva, no me detengo nunca. Tengo prisa. Siempre he tenido prisa. Día e noche zumba en mi cráneo la abeja. Salto de la mañana a la noche, del sueño al despertar, del tumulto a la soledad, del alba al crepúsculo. Inútil que cada una de las cuatro estaciones me presente su mesa opulenta. Inútil el rasgueo de madrugada de canario, el lecho hermoso como un río en verano, esa adolescente y su lágrima, cortada al declinar el otoño. En balde el mediodía y su tallo de cristal, las hojas verdes que lo filtran, las piedras que niega, las sombras que esculpe. Todas estas plenitudes me apuran de un trago. Voy y vuelvo, me revuelco, me revuelvo y me revuelvo, salgo y entro, me asomo, oigo música, me rasco, medito, me digo, maldigo, cambio de traje, digo adiós al que fui, me demoro con el que seré. Nada me detiene. Tengo prisa, me voy. Adónde? No sé, nada sé - excepto que no estoy en mi sitio.Desde que abrí los ojos me di cuenta que mi sitio no estaba aquí, donde yo estoy, sino en donde no estoy ni he estado nunca. En alguna parte hay un lugar vacío y ese vacío se llenara de mí y yo me asentaré en ese hueco que insensiblemente rebosará de mí, pleno de mi hasta volverse fuente o surtidor. Y mi vacío, el vacío de mí que soy ahora, se llenara de sí, pleno de sí, pleno de ser hasta los bordes.Tengo prisa por estar. Corro tras de mi tras de mi, tras de mi sitio, tras de mi hueco. Quien me ha reservado ese sitio? Como se llama mi fatalidad? Quién es y que es lo que me mueve y qué es lo que aguarda mi advenimiento para cumplirse y para cumplirme? No, sé. Tengo prisa. Aunque no me mueva de mi silla, ni me levante de la cama. Aunque dé vueltas e vueltas en mi jaula. Clavado por un hombre, un gesto, un tic, me muevo y remuevo. Esta casa, estos amigos, estos países, estas manos, esta boca, estas letras que forman esta imagen que se ha desprendido sin previo aviso de no se dónde y me ha dado en el pecho, no son mi sitio. Ni esto ni aquello es mi sitio.Todo lo que me sostiene y sostengo sosteniéndome es alambrada, muro. Y todo lo que salta mi prisa. Este cuerpo me ofrece su cuerpo, este mar me saca se saca del vientre siete olas , siete desnudeces, siete sonrisas, siete cabrillas blancas. Doy las gracias y me largo. Sí, el paseo ha sido muy divertido, la conversación instructiva, aún es temprano, la función no acaba y de ninguna manera tengo la pretensión de conocer el desenlace. Lo siento: tengo prisa. Tengo ganas de estar libre de mi prisa, tengo prisa por acostarme y levantarme sin decirme: adiós, tengo prisa.Octavio Paz, de Águila y Sol – 1949
- Himno entre ruinas
Coronado de sí el día extiende sus plumas.
¡Alto grito amarillo,
caliente surtidor en el centro de un cielo
imparcial y benéfico!
Las apariencias son hermosas en esta verdad momentánea.
El mar trepa la costa,
se afianza entre las peñas, araña deslumbrante;
la herida cárdena del monte resplandece;
un puñado de cabras en un rebaño de piedras;
el sol pone su huevo de oro y se derrama sobre el mar.
Todo es dios.
¡Estatua rota,
columnas comidas por la luz
ruinas vivas en un mundo de muertos en vida!
…
Mis pensamientos se bifurcan, serpean, se enredan
recomienzan,
y al fin se inmovilizan, ríos que no desembocan,
delta de sangre bajo un sol sin crepúsculo.
¿Y todo ha de parar en este chapoteo de aguas muertas?
¡Día, redondo día,
luminosa naranja de veinticuatro gajos,
todos atravesados por una misma y amarilla dulzura!
La inteligencia al fin encarna,
se reconcilian las dos mitades enemigas
y la conciencia-espejo se licúa,
vuelve a ser fuente, manantial de fábulas:
Hombre, árbol de imágenes,
palabras que son flores que son frutos que son actos.
El mismo tiempo
Conmigo no empezó el mundo
no ha de acabar conmigo
Soy
un latido en el río de latidos
Hace veinte años me dijo Vasconcelos
"Dedíquese a la filosolía
Vida no da
defiende de la muerte"
Y Ortega y Gasset
en un bar sobre el Ródano
"Aprenda el alemán
y póngase a pensar
olvide lo demás"
Yo no escribo para matar al tiempo
ni para revivirlo
escribo para que me viva y reviva
- palpar
Mis manos
abren las cortinas de tu ser
te visten con otra desnudez
descubren los cuerpos de tu cuerpo
Mis manos
inventan otro cuerpo a tu cuerpo.
- Himachal Pradesh 2
- Lectura de John Cage
- Nocturno de San Ildefonso
El horizonte se ha vuelto acuático.
Despeñarse
desde la altura de esta hora:
¿morir
será caer o subir,
una sensación o una cesación?
Cierro los ojos,
oigo mi cráneo
los pasos de mi sangre,
oigo
pasar el tiempo por mis sienes.
Todavía estoy vivo.
El cuarto se ha enarenado de luna.
Mujer:
fuente en la noche.
Yo me fío a su fluir sosegado.
- Hermandad
Soy hombre: duro poco
y es enorme la noche.
Pero miro hacia arriba:
las estrellas escriben.
Sin entender comprendo:
también soy escritura
y en este mismo instante
alguien me deletrea.
- La vista, el tacto
…
La luz nace mujer en un espejo,
Desnuda bajo diáfanos follajes
Una mirada la encadena,
La desvanece un parpadeo;
- Carta de creencia 2
Las palabras son inciertasy dicen cosas inciertas.Pero digan esto o aquello, nos dicen.Amor es una palabra equívoca como todas.”
….
no es la virtudpero nace de aquello que es la perfección- y los otros: una fiebre, una dolencia,un combate, un frenesí, un estupor,una quimera.
El deseo lo inventa,
Lo avivan los ayunos y las laceraciones
Los celos lo espolean
La costumbre lo mata.
Un don,
Una condena
…
“Una llaga que es una rosa de resurrección
’Fatal espejola imagen deseada se desvanece
Instante:reverso de la muerte,nuestra frágil eternidad
Amar:hacer de un alma un cuerpo,hacer de un cuerpo un alma,hacer un tú de una presencia.
Amar:abrir la puerta prohibida,pasajeque nos lleva al otro lado del tiempo.
Amar es perderse en el tiempo,ser espejo entre espejos
El tiempo es el mal, el instantees la caída; amar es despeñarse:caer interminablemente, nuestra parejaes nuestro abismo.
Amar: una variación, apenas un momentoen la historia de la célula primigeniay sus decisiones incontables. Ejede la rotación de las generaciones.
Transgresiónde la fatalidad natural,bisagraque enlaza destino y libertad,
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