Nada (fragment)
"A veces un gusto amargo
un olor malo, una rara
luz, un tono desacorde,
un contacto que desgana,
como realidades fijas
nuestros sentidos alcanzan
y nos parecen que son
la verdad no sospechada..."
- una ciudad grande, adorada en mis sueños por desconocida
- Comprendí en seguida que con los muchachos era imposible el tono misterioso y reticente de las confidencias, al que las chicas suelen ser aficionadas, el encanto de desmenuzar el alma, el roce de la sensibilidad almacenado durante años...
- Hasta entonces nadie a quien yo quisiera me había demostrado tanto afecto y me sentía roída por la necesidad de darle algo más que mi compañía, por la necesidad que sienten todos los seres poco agraciados de pagar materialmente lo que para ellos es extraordinario: el interés y la simpatía.
- Toda mi vida he estado huyendo de mis simples y respetables parientes... Simples pero inteligentes a la vez, en su género, que es lo que les hace tan insoportables... Me gusta la gente con ese átomo de locura que hace que la existencia no sea monótona, aunque sean personas desgraciadas y estén siempre en las nubes, como tú... Personas que, según mi familia, son calamidades indeseables.
- Si supieran que te gusta vagabundear sola por la noche. Que nunca has sabido lo que quieres y que siempre estás queriendo algo...
- Tal vez el sentido de la vida para una mujer consiste únicamente en ser descubierta así, mirada de manera que ella misma se sienta irradiante de luz.» No en mirar, no en escuchar venenos y torpezas de los otros, sino en vivir plenamente el propio goce de los sentimientos y las sensaciones, la propia desesperación y alegría. La propia maldad o bondad...
- Me parecía que de nada vale correr si siempre ha de irse por el mismo camino, cerrado, de nuestra personalidad. Unos seres nacen para vivir, otros para trabajar, otros para mirar la vida. Yo tenía un pequeño y ruin papel de espectadora. Imposible salirme de él. Imposible libertarme. Una tremenda congoja fue para mí lo único real en aquellos momentos.
- ¿No le ha sucedido alguna vez atribuir su estado de ánimo al mundo que la rodea?
- Fue ella, la niña, quien me descu-brió la fina urdimbre de la vida, las mil dulzuras del renunciamiento y del amor, que no es sólo pasión y egoísmo ciego entre un cuerpo y alma de hombre y un cuerpo y alma de mujer, sino que reviste nombres de comprensión, amistad, ternura
- En pocos días la vida se me aparecía distinta a como la había concebido hasta entonces. Complicada y sencillísima a la vez. Pensaba que los secretos más dolorosos y más celosamente guardados son quizá los que todos los de nuestro alrededor conocen. Tragedias estúpidas. Lágrimas inútiles. Así empezaba a aparecerme la vida entonces).
jueves, 18 de junio de 2009
Poésies - Paul Valéry
Même Féerie
La lune mince verse une lueur sacrée,
Comme une jupe d'un tissu d'argent léger,
Sur les masses de marbre où marche et croit songer
Quelque vierge de perle une gaze nacrée.
Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Sa main cueille et dispense une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux.
Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l'eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,
Quel coeur pourrait souffir l'inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?
Fragments du Narcisse
Mais moi, Narcisse aimé, je ne suis curieux
Que de ma seule essence ;
Tout autre n’a pour moi qu’un cœur mystérieux,
Tout autre n’est qu’absence.
Le cimentière marin
Tu n'as que mio por contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
sont le défaut de ton gran diamant...
La lune mince verse une lueur sacrée,
Comme une jupe d'un tissu d'argent léger,
Sur les masses de marbre où marche et croit songer
Quelque vierge de perle une gaze nacrée.
Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Sa main cueille et dispense une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux.
Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l'eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,
Quel coeur pourrait souffir l'inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?
Fragments du Narcisse
Mais moi, Narcisse aimé, je ne suis curieux
Que de ma seule essence ;
Tout autre n’a pour moi qu’un cœur mystérieux,
Tout autre n’est qu’absence.
Le cimentière marin
Tu n'as que mio por contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
sont le défaut de ton gran diamant...
lunes, 11 de mayo de 2009
Le Rouge et le Noir. Stendhal
- Entièrement absorbée, avant l'arrivée de Julien, par cette masse de travail qui, loin de Paris, est le lot d'une bonne mère de famille, Mme de Rênal pensait aux passions, comme nous pensons à la loterie : duperie certaine et bonheur cherché par des fous.
- Mon Dieu! être heureux, être aimé, n'est-ce que ça?" Telle fut la première pensée de Julien, en rentrant dans sa chambre. Il était dans cet état d'étonnement et de trouble inquiet où tombe l'âme qui vient d'obtenir ce qu'elle a longtemps désiré. Elle est habituée à désirer, ne trouve plus quoi désirer, et cependant n'a pas encore de souvenirs.
- La parole a été donnée a l'homme pour cacher sa pensée
- Le bonheur serait-il si près de moi !... La dépense d'une telle vie est peu de chose ; je puis à mon choix épouser Mlle Élisa, ou me faire l'associé de Fouqué... Mais, le voyageur qui vient de gravir une montagne rapide, s'assied au sommet, et trouve un plaisir parfait à se reposer. Serait-il heureux si on le forçait à se reposer toujours?
- C'était une de ces âmes nobles et romanesques, pour qui apercevoir la possibilité d'une action généreuse, et ne pas la faire, est la source d'un remords presque égal à celui du crime commis.
- Étrange effet du mariage, tel que l'a fait le XIXe siècle ! L'ennui de la vie matrimoniale fait périr l'amour sûrement, quand l'amour a précédé le mariage.
- Voilà l'effet des vaines pompes du monde ; vous êtes accoutumé apparemment à des visages riants, véritables théâtres de mensonge. La vérité est austère, monsieur. Mais notre tâche ici-bas n'est-elle pas austère aussi ? Il faudra veiller à ce que votre conscience se tienne en garde contre cette faiblesse : Trop de sensibilité aux vaines grâces de l'extérieur.
- J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine
- Après lui avoir donné l'habitude de raisonner juste et de ne pas se laisser payer de vaines paroles, il avait négligé de lui dire que, chez l'être peu considéré, cette habitude est un crime ; car tout bon raisonnement offense.
- — Mlle de La Mole a l'air d'être maîtresse du plaisir que lui fait son triomphe, dont elle s'aperçoit fort bien. On dirait qu'elle craint de plaire à qui lui parle.
— Très bien ! voilà l'art de séduire. - Une conspiration anéantit tous les titres donnés par les caprices sociaux. Là, un homme prend d'emblée le rang que lui assigne sa manière d'envisager la mort. L'esprit lui-même perd de son empire...
- Rien ne manque à Croisenois, et il ne sera toute sa vie qu’un duc à demi ultra, à demi libéral, un être indécis toujours éloigné des extrêmes, et par conséquent se trouvant le second partout.
- Mlle de La Mole avait été, au couvent du Sacré-Coeur, l'objet des flatteries les plus excessives. Ce malheur jamais ne se répare. On lui avait persuade qu'à cause de tous ses avantages de naissance, de fortune, etc., elle devait être plus heureuse qu'une autre. C'est la source de l'ennui des princes et de toutes leurs folies.
- – «Ce remords va me poursuivre toute ma vie, non pour elle, il est tant de maîtresses !
– Mais il n'est qu'un honneur ! dit le vieux don Diègue (Corneille Le Cid) - Julien était fort embarrassé, il ne savait comment se conduire, il n'avait pas d'amour du tout. Dans son embarras, il pensa qu'il fallait oser, il essaya d'embrasser Mathilde.
- L'amour de tête a plus d'esprit sans doute que l'amour vrai, mais il n'a que des instants d'enthousiasme; il se connaît trop, il se juge sans cesse; loin d'égarer la pensée, il n'est bâti qu'à force de pensées.
- Mais si je prends de ce plaisir avec tant de prudence et de circonspection, ce ne sera plus un plaisir pour moi. LOPE DE VEGA
- Mme de Rênal trouvait des raisons pour faire ce que son coeur lui dictait: cette jeune fille du grand monde ne laisse son coeur s'émouvoir que lorsqu'elle s'est prouvé par bonnes raisons qu'il doit être ému.
jueves, 26 de marzo de 2009
Si te dicen que caí. Juan Marsé
- Cuenta que al levantar el borde de la sábana que cubría el rostro del ahogado, en la cenagosa profundidad de pantano de sus ojos abiertos, revivió un barrio de solares ruinosos y tronchados geranios atravesado de punta a punta por silbidos de afilador, un aullido azul. Y que a pesar de las elegantes sienes plateadas, la piel bronceada y los dientes de oro que lucía el cadáver, le reconoció; que todo habían sido espejismos, dijo, en aquel tiempo y en aquellas calles, incluido este trapero que al cabo de treinta años alcanzaba su corrupción final enmascarado de dignidad y dinero.
- Ya soy mayor, ya soy memoria y a partir de hoy no podréis conmigo, brujas
- Se paró un momento y se quedó quieto, mirando la calle en pendiente. Podía reconstruir la calle Escorial de memoria, casa por casa, esquina por esquina. Se volvió para mirar tras de él la sombría mole del templo firmemente asentado, aculado en su ayer miserable y violento. Fue como si una sombra de ese ayer, desplazándose con sigilo, pasara por su lado y le rozara, dejando prendido en alguna parte de su cuerpo un jirón sedoso, uan telaraña negra. Se volvió otra vez, y, unos metros más allá, ella había dejado de empujar la silla y le miraba esperando algo. Pero el celador no entendía esa mirada. Ninguna palabra, ninguna expresión vino a sustituir aquel snentido que a él se le escapaba, hasta que su mano tropezó con la mantilla y comprendió. La mantilla se había enganchado en su hombro al pasar ella y colgaba de una crin que traspasaba la guata. Cabizbajo, con líquido en los ojos y en las palabras, devolvió la prenda disculpándose, ella murmuró gracias y siguió su camino empujando la silla de ruedas.
- Hombres de hierro, forjados en tantas batallas, soñando como niños.
domingo, 1 de marzo de 2009
L'Éducation sentimentale. Gustave Flaubert
- Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites
- Elle ressemblait aux femmes des livres romantiques. Il n’aurait voulu rien ajouter, rien retrancher à sa personne. L’univers venait tout à coup de s’élargir. Elle était le point lumineux où l’ensemble des choses convergeait ; et, bercé par le mouvement de la voiture, les paupières à demi closes, le regard dans les nuages, il s’abandonnait à une joie rêveuse et infinie.
- Des doutes succédaient à leurs emportements d’espoir. Après des crises de gaieté verbeuse, ils tombaient dans des silences profonds
- Républicain austère, il suspectait de corruption toutes les élégances, n’ayant d’ailleurs aucun besoin, et étant d’une probité inflexible.
- Il l'aimait sans arrière-pensée, sans espoir de retour, absolument ; et, dans ces muets transports, pareils à des élans de reconnaissance, il aurait voulu couvrir son front d'une pluie de baisers. Cependant, son souffle intérieur l'enlevait comme hors de lui ; c'était une envie de se sacrifier, un besoin de dévouement immédiat, et d'autant plus fort qu'il ne pouvait l'assouvir.
- Maintenant, il haïssait toutes les femmes ; et des pleurs l’étouffaient, car son amour était méconnu et sa concupiscence trompée.
- Il y a des hommes n'ayant pour mission parmi les autres que de servir d'intermédiaires; on les franchit comme des ponts, et l'on va plus loin
- Elle fit un haussement d’épaules. Qui donc l’affligeait ? Etait-ce, par hasard, qu’on ne l’aimait pas ? « Oh ! moi, on m’aime toujours ! Elle ajouta : — Reste à savoir de quelle manière.
- Elle le regarda ironiquement. — Eh bien, et ce mariage ? — Quel mariage ? — Le vôtre ! — Moi ? Jamais de la vie ! Elle fit un geste de dénégation. — Quand cela serait, après tout ? On se réfugie dans le médiocre, par désespoir du beau qu’on a rêvé !
- Ses jolis yeux humides pétillaient d’une passion tellement puissante, que Frédéric l’attira sur ses genoux et il se dit : » Quelle canaille je fais » en s’applaudissant de sa perversité.
- Elle lui envoyait des fleurs ; elle lui fit une chaise en tapisserie ; elle lui donna un porte-cigares, une écritoire, mille petites choses d’un usage quotidien, pour qu’il n’eût pas une action indépendante de son souvenir. Ces prévenances le charmèrent d’abord, et bientôt lui parurent toutes simples.
- Elle n’avait plus que trente mille livres de rente, sans compter l’hôtel, qui en valait de dix-huit à vingt, peut-être. Bien que ce fût de l’opulence pour Frédéric, il n’en ressentait pas moins une déception. Adieu ses rêves, et toute la grande vie qu’il aurait menée ! L’honneur le forçait à épouser Mme Dambreuse. Il réfléchit une minute ; puis, d’un air tendre:— J’aurai toujours ta personne !
- Les coeurs des femmes sont comme ces petits meubles à secret, pleins de tiroirs emboîtés les uns dans les autres ; on se donne du mal, on se casse les ongles, et on trouve au fond quelque fleur desséchée, des brins de poussière - ou le vide !
- Frédéric soupçonna Mme Arnoux d’être venue pour s’offrir ; et il était repris par une convoitise plus forte que jamais, furieuse, enragée. Cependant, il sentait quelque chose d’inexprimable, une répulsion, et comme l’effroi d’un inceste. Une autre crainte l’arrêta, celle d’en avoir dégoût plus tard. D’ailleurs, quel embarras ce serait ! - et tout à la fois par prudence et pour ne pas dégrader son idéal, il tourna sur ses talons et se mit à faire une cigarette.
- Adieu, mon ami, mon cher ami ! Je ne vous reverrai jamais ! C’était ma dernière démarche de femme. Mon âme ne vous quittera pas. Que toutes les bénédictions du ciel soient sur vous ! » E elle le baisa au front, comme une mère. Mais elle parut chercher quelque chose, et lui demanda des ciseaux. Elle défit son peigne ; tous ses cheveux blancs tombèrent. Elle s’en coupa, brutalement, à la racine, une longue mèche. « Gardez-les ! Adieu ! » Quand elle fut sortie, Frédéric ouvrit sa fenêtre, Mme Arnoux, sur le trottoir, fit signe d’avancer à un fiacre qui passait. Elle monta dedans. La voiture disparut. Et ce fut tout.
- Après thermidor, des terroristes organisèrent une confrérie toute pareille, ce qui prouve que la bêtise est féconde
domingo, 1 de febrero de 2009
Tu rostro mañana. 3 Veneno y sombra y adiós. Javier Marías
* Todo tiene su tiempo para ser creído. (...) la gente cree lo que quiere creer, y por eso es tán lógico y fácil que todo tenga su tiempo para ser creído. (...) todo el mundo está dispuesto a volver la vista y a distraerse, a negar lo que está delante y a no oír nada de lo que se grita, (...) y a modificar cuanto haga falta de los hechos y de lo acontecido, pero sobre todo de su pensamiento, de sus sentidos, de su memoria y de su anticipación del futuro, que a veces se toma por presciencia. (...) es la constante letanía que tergiversa el pasado, el porvenir y el presente, así nunca nada está fijo ni a salvo, ni es seguro ni tampoco es cierto.
* La mayoría de la gente niega el azar, lo destesta, la mayoría de la gente es tonta
* "Fue necesario defendía a mi Dios, a mi Rey, mi patria, mi cultura, mi raza; mi bandera, mi leyenda, mi lengua, mi clase, mi espacio; mi honor, a los míos, mi caja fuerte, mi monedero y mis calcentinas. Y en resumen, tuve miedo. " El miedo, que exculpa tanto como el amor, del que es tan fácil decir y creer "es más fuerte que yo, no está en mi mano evitarlo", o que permite recurrir a la frase "es que yo te quiero tanto", como explicación de los actos, como coartada o disculpa o atenuante.
*páginas 58-59-60 geniales sobre los derechos post-conquista ocasionales. "y me ha reventado que me llamaran por teléfono más tarde diciendo "hola soy yo", como si el trato carnal ya pretérito confiriera exclusividad o unicidad, o acentuara la identidad, o garantizara un alto grado de ocupación de mis pensamientos, o me obligara a reconocer una voz de la que acaso -eso con suerte- brotó sólo un gemido, o unos cuantos educadamente"
* Pese a su edad provecta nunca me imaginaba el mundo sin él, o a él sin el mundo
* Es una mujer hecha y derecha, habrá ya cruzado lo que Joseph Conrad llamaba la línea de sombra, o estará a punto de hacerlo. Ya sabes, la edad en que la vida se encarga de uno, sies que no se ha hecho cargo de ella uno antes. La línea que separa lo cerrado de lo abierto, la página escrita de la página en blanco: allí donde empiezan a agotarse las posibilidades, porque las que uno descarta se van volviendo irrecuperables y están más perdidas cada día que uno cumple. Cada fecha de penumbra; o de memoria, que es lo mismo.
*Cuando las fuerzas están parejas, es entonces cuando se deponen las armas
*Lo que las personas anuncian o proclaman respecto a esa cuestión, respecto a su carácter valeroso o pusilánime, no sirve para nada. (...) La gente se imagina, cómo responderá, de acuerdo con sus deseos o con sus temores; pero casi ninguno tenemos certeza de cómo reaccionarermos en una situación de riesgo. (...) Nunca tenemos garantizados el arrojo ni el pánico.
*Es increíble lo mal que nos vemos todos, a nosotros mismos, lo mal que nos calibramos y que calculamos nuestras fuerzas y debilidades. Hasta los más dotados y los más entrenados en ahondar en el prójimo y descifrarlo nos volvemos tuertos y tontos cuando nos miramos. La falta de perspectiva, eso será, y la imposibilidad de observarnos sin saber a la vez que nos estamos viendo.
*Pedir un favor es fácil y cómodo, lo difícil y desazonante es oír la petición y tener que decidir si acceder o negarse.
*Un antes y un después nunca se sueldan
*Quién sabe quién nos sustituye, sólo sabemos que se nos sustituye siempre, en todas las ocasiones y en todas las circunstancias y en cualquier desempeño, sin que importen el vacío o la huella que creyéramos haber dejado o dejáramos en efecto (...)
*Lo que se finge que no ha ocurrido y siempre es tácito acaba por no haber sucedido, aunque sepamos lo contrario: ambas cosas son ciertas, lo que escribió Jorge Manrique en las Coplas por la muerte de su padre, (...) 'si juzgamos sabiamente, daremos lo no venido por pasado' y exactamente lo opuesto, y entonces podremos dar lo pasado por no venido, por no venido cuanto nos ha pasado y nuestra vida entera por no habida
*Si alguien ya no quiere estar con uno, uno tiene que aguantarse. A solas, y sin estar pendiente de la observación o la evolución de ese alguien, a la caza de señales y a la espera de vuelcos. (...). Uno sabe siempre cuándo ya no se lo quiere, si está dispuesto a enterarse: cuándo todo se ha reducido a costumbre, o a falta de arrojo para ponerle término, o a deseo de no armar revuelo y de no hacer dado, o miedo vital o económico, o a mera ausencia de imaginación, la mayoría de la gente no es capaz de imaginarse otra vida que la que lleva y ya sólo por eso no la cambia (...)
*La capacidad de aguante de muchas mujeres es infinita, (...) piensan que con ellas él será distinto, que se enmendará o mejorará o cambiará y que se le harán indispensables por tanto, a veces me ha parecido que redimir a alguien era para ellas una forma -ingenua, ilusa- de asegurarse la incondicionalidad de ese alguién "no puede vivir sin mi".
*los individuos llevan sus probabilidades en el interior de sus venas
*Presume not that I am the thing I was (Enrique IV-Shakespeare) No presumas que soy lo que fui
*Mi padre aún piensa en un mondo en el que los hechos dejaban huella y la conciencia solía hablar. No siempre, desde luego, pero sí a la mayoría. Ahora en cambio es al revés: resulta fácil acallarla o amordazarla...
*"Porque nadie es conocido por otro mejor que por sí mismo, y sin embargo, nadie se conoce tan bien que puedar estar seguro de su conducta de mañana" San Agustín
*Epílogo. "Todo está ahí a la vista, en realidad todo es visible desde muy pronto en las relaciones..., basta con atreverse a mirarlo, un solo instalnte encierra el germen de muchos años venideros y casi de nuestra historia entera... y si queremos la vemos y la recorremos ya, a grandes rasgos" (...) "pero nadie quiere ver nada y así nadie ve casi nunca lo que está delante (...) es como si a menudo fuéramos en contra de nuestro conocimiento (...) y la explicación ha de ser simple...: es sólo que sabemos y lo detestamos; que no toleramos ver; que odiamos el conociiento, y la certidumbre, y el convencimiento; y nadie quiere convertirse en su propio dolor y su fiebre..."
* La mayoría de la gente niega el azar, lo destesta, la mayoría de la gente es tonta
* "Fue necesario defendía a mi Dios, a mi Rey, mi patria, mi cultura, mi raza; mi bandera, mi leyenda, mi lengua, mi clase, mi espacio; mi honor, a los míos, mi caja fuerte, mi monedero y mis calcentinas. Y en resumen, tuve miedo. " El miedo, que exculpa tanto como el amor, del que es tan fácil decir y creer "es más fuerte que yo, no está en mi mano evitarlo", o que permite recurrir a la frase "es que yo te quiero tanto", como explicación de los actos, como coartada o disculpa o atenuante.
*páginas 58-59-60 geniales sobre los derechos post-conquista ocasionales. "y me ha reventado que me llamaran por teléfono más tarde diciendo "hola soy yo", como si el trato carnal ya pretérito confiriera exclusividad o unicidad, o acentuara la identidad, o garantizara un alto grado de ocupación de mis pensamientos, o me obligara a reconocer una voz de la que acaso -eso con suerte- brotó sólo un gemido, o unos cuantos educadamente"
* Pese a su edad provecta nunca me imaginaba el mundo sin él, o a él sin el mundo
* Es una mujer hecha y derecha, habrá ya cruzado lo que Joseph Conrad llamaba la línea de sombra, o estará a punto de hacerlo. Ya sabes, la edad en que la vida se encarga de uno, sies que no se ha hecho cargo de ella uno antes. La línea que separa lo cerrado de lo abierto, la página escrita de la página en blanco: allí donde empiezan a agotarse las posibilidades, porque las que uno descarta se van volviendo irrecuperables y están más perdidas cada día que uno cumple. Cada fecha de penumbra; o de memoria, que es lo mismo.
*Cuando las fuerzas están parejas, es entonces cuando se deponen las armas
*Lo que las personas anuncian o proclaman respecto a esa cuestión, respecto a su carácter valeroso o pusilánime, no sirve para nada. (...) La gente se imagina, cómo responderá, de acuerdo con sus deseos o con sus temores; pero casi ninguno tenemos certeza de cómo reaccionarermos en una situación de riesgo. (...) Nunca tenemos garantizados el arrojo ni el pánico.
*Es increíble lo mal que nos vemos todos, a nosotros mismos, lo mal que nos calibramos y que calculamos nuestras fuerzas y debilidades. Hasta los más dotados y los más entrenados en ahondar en el prójimo y descifrarlo nos volvemos tuertos y tontos cuando nos miramos. La falta de perspectiva, eso será, y la imposibilidad de observarnos sin saber a la vez que nos estamos viendo.
*Pedir un favor es fácil y cómodo, lo difícil y desazonante es oír la petición y tener que decidir si acceder o negarse.
*Un antes y un después nunca se sueldan
*Quién sabe quién nos sustituye, sólo sabemos que se nos sustituye siempre, en todas las ocasiones y en todas las circunstancias y en cualquier desempeño, sin que importen el vacío o la huella que creyéramos haber dejado o dejáramos en efecto (...)
*Lo que se finge que no ha ocurrido y siempre es tácito acaba por no haber sucedido, aunque sepamos lo contrario: ambas cosas son ciertas, lo que escribió Jorge Manrique en las Coplas por la muerte de su padre, (...) 'si juzgamos sabiamente, daremos lo no venido por pasado' y exactamente lo opuesto, y entonces podremos dar lo pasado por no venido, por no venido cuanto nos ha pasado y nuestra vida entera por no habida
*Si alguien ya no quiere estar con uno, uno tiene que aguantarse. A solas, y sin estar pendiente de la observación o la evolución de ese alguien, a la caza de señales y a la espera de vuelcos. (...). Uno sabe siempre cuándo ya no se lo quiere, si está dispuesto a enterarse: cuándo todo se ha reducido a costumbre, o a falta de arrojo para ponerle término, o a deseo de no armar revuelo y de no hacer dado, o miedo vital o económico, o a mera ausencia de imaginación, la mayoría de la gente no es capaz de imaginarse otra vida que la que lleva y ya sólo por eso no la cambia (...)
*La capacidad de aguante de muchas mujeres es infinita, (...) piensan que con ellas él será distinto, que se enmendará o mejorará o cambiará y que se le harán indispensables por tanto, a veces me ha parecido que redimir a alguien era para ellas una forma -ingenua, ilusa- de asegurarse la incondicionalidad de ese alguién "no puede vivir sin mi".
*los individuos llevan sus probabilidades en el interior de sus venas
*Presume not that I am the thing I was (Enrique IV-Shakespeare) No presumas que soy lo que fui
*Mi padre aún piensa en un mondo en el que los hechos dejaban huella y la conciencia solía hablar. No siempre, desde luego, pero sí a la mayoría. Ahora en cambio es al revés: resulta fácil acallarla o amordazarla...
*"Porque nadie es conocido por otro mejor que por sí mismo, y sin embargo, nadie se conoce tan bien que puedar estar seguro de su conducta de mañana" San Agustín
*Epílogo. "Todo está ahí a la vista, en realidad todo es visible desde muy pronto en las relaciones..., basta con atreverse a mirarlo, un solo instalnte encierra el germen de muchos años venideros y casi de nuestra historia entera... y si queremos la vemos y la recorremos ya, a grandes rasgos" (...) "pero nadie quiere ver nada y así nadie ve casi nunca lo que está delante (...) es como si a menudo fuéramos en contra de nuestro conocimiento (...) y la explicación ha de ser simple...: es sólo que sabemos y lo detestamos; que no toleramos ver; que odiamos el conociiento, y la certidumbre, y el convencimiento; y nadie quiere convertirse en su propio dolor y su fiebre..."
domingo, 18 de enero de 2009
Primer amor, últimos ritos. Ian McEwan
Fabricación casera
► Entre taza y taza de té me reía con Raymond de esta reposada traición a toda una vida, cargando, cavando, empujando, empacando, comprobando, sudando y gimiendo en beneficio de otros, de cómo, para tranquilizarse, hacen una virtud de esa servidumbre vitalicia, de cómo se preciaban de haberse perdido un solo día de este infierno.
► Ningún otro deporte me proporcionaba parecidas oportunidades de contemplación serena, entretenida y alegre. Me deleitaban los rostros torturados y deformes de los corredores que entraban en el túnel de banderas y cruzaban la línea de meta; especialmente interesantes me parecía los que llegaban después de los 50 primeros o así, corriendo con más ganas que cualesquiera otros de los concursantes. (…) y me convencía de que tenía ante mí una visión de la futilidad del hombre. (…) yo me regocijaba, me fascinaba alegremente con el espíritu triunfante de aquellos fracasados que se habían hecho pedazos para nada.
► Cuando llegué arribe, la sangre se me había desplazado de la cabeza a la ingle, literalmente del sentido a la sensación.
Geometría de sólidos
► Quiero ponerme la cabeza en orden. – Tu cabeza, tu mente, no es como la cocina de un hotel, sabes, no puedes desechar cosas como si fueran latas viejas. Se parece más a un río que a un lugar, cambia y se mueve todo el tiempo. No puedes obligar al río a discurrir derecho.
► Has caído allí, has caído en un lodazal de intuiciones respetables. No tienes ni la originalidad, ni la pasión suficientes para intuir por ti sola algo que no sea tu propia infelicidad. ¿por qué tienes que llenarte la cabeza con las vulgaridades místicas de otra gente y fabricarte pesadillas?
► Entre taza y taza de té me reía con Raymond de esta reposada traición a toda una vida, cargando, cavando, empujando, empacando, comprobando, sudando y gimiendo en beneficio de otros, de cómo, para tranquilizarse, hacen una virtud de esa servidumbre vitalicia, de cómo se preciaban de haberse perdido un solo día de este infierno.
► Ningún otro deporte me proporcionaba parecidas oportunidades de contemplación serena, entretenida y alegre. Me deleitaban los rostros torturados y deformes de los corredores que entraban en el túnel de banderas y cruzaban la línea de meta; especialmente interesantes me parecía los que llegaban después de los 50 primeros o así, corriendo con más ganas que cualesquiera otros de los concursantes. (…) y me convencía de que tenía ante mí una visión de la futilidad del hombre. (…) yo me regocijaba, me fascinaba alegremente con el espíritu triunfante de aquellos fracasados que se habían hecho pedazos para nada.
► Cuando llegué arribe, la sangre se me había desplazado de la cabeza a la ingle, literalmente del sentido a la sensación.
Geometría de sólidos
► Quiero ponerme la cabeza en orden. – Tu cabeza, tu mente, no es como la cocina de un hotel, sabes, no puedes desechar cosas como si fueran latas viejas. Se parece más a un río que a un lugar, cambia y se mueve todo el tiempo. No puedes obligar al río a discurrir derecho.
► Has caído allí, has caído en un lodazal de intuiciones respetables. No tienes ni la originalidad, ni la pasión suficientes para intuir por ti sola algo que no sea tu propia infelicidad. ¿por qué tienes que llenarte la cabeza con las vulgaridades místicas de otra gente y fabricarte pesadillas?
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